Rokia Traoré : le chant Bamanang

Rokia Traoré : le chant Bamanang

Interview réalisée en juin 1998

Le 17 ème festival de musiques de jazz et d'ailleurs d'Amiens a ouvert, le 3 juin 1998, par le concert de Rokia Traoré. Rokia Traoré est la jeune fille malienne de vingt-quatre ans qui chante avec une telle virtuosité qu'on la croirait descendante de griots. Rokia Traoré parle de l'Afrique traditionnelle avec des intonations qui donneraient des complexes à tous ses congénères pourtant bien moins à l'aise qu'elle même dans le monde moderne. Rokia Traoré nous a reçus entre sa balance et l'ouverture du festival, pour nous infliger une leçon de sérénité, rare pour son âge et qu'elle dit devoir... à la sagesse ancestrale. Elle, la fille qui parcourt le monde depuis sa prime enfance.

Qui est Rokia Traoré ?

Je suis Rokia Traoré. Je viens du Mali, de l'Ouest de l'Afrique. Je suis Bamanang et je chante en Bamanang. Au Mali, il y a les Malinké qui sont d'une ethnie et les Bamanang qui sont d'une autre. Salif Keita par exemple vient du Mandé. Il y a aussi eu le royaume Bamanang de Ségou. Je suis Bamanang du Bélédougou. Il y a une légère différence d'accent entre les deux mais c'est à peu près la même chose. J'ai commencé à chanter depuis très longtemps. La première fois que j'ai chanté, je me rappelle, était lors de jeux de petites filles. Jetais vraiment très petite. C'étaient mes propres chansons, que je n'ai pas composées, faute de moyens à l'époque de prendre des musiciens pour mettre en musique ce que j'écrivais. J'ai fait partie d'un groupe de rap en attendant. J'étais la chanteuse du groupe. Après avoir connu un peu de personnes du milieu, j'ai fait des chansons pour la télévision malienne et c'est parti cette fois-là.

Que représente la musique pour toi ?

Je crois que c'est une passion, parce qu'il ne pourrait en être autrement. Traditionnellement, quand on parle d'artistes ou de chanteurs du Mali, ce sont soit des griots, soit des chanteurs de Wassoudou. Dans le Wassoudou, les chanteurs ne sont pas griots et chantaient après les récoltes, la fin de l'hivernage. Ce sont des populations, des ethnies qui aiment bien faire de la musique. Ou alors ce sont des gens qui ont grandi dans les quartiers périphériques et ont fait ensuite partie de troupes de théâtre, ou qui ont fait très jeunes des choeurs d'artistes. Je ne suis pas du tout passée par là, pas du tout. Mon parcours est particulier.

On sent bien qu ' il est particulier quand on apprend que tu as joué du rap alors que ta musique est tellement traditionnelle aujourd'hui...

J'ai fait du rap parce que le rap ne me déplaît pas, et, tant que ce n'est pas surchargé, j'aime bien les instruments acoustiques, qu'ils soient instruments du Mali ou d'ailleurs. De plus le rap est une mode de ma génération. Ca faisait branché de faire du rap, de danser le rap, et surtout c'était la seule occasion pour moi de rencontrer un public. Il fallait donc bien commencer quelque part.

Mis à part le rap, qu'as-tu fait d'autre ?

Je n'ai pas fait beaucoup d'autres choses, je n'ai fait que des chansons quand j'en avais l'occasion parce que j'allais à l'école en même temps. Je ne pouvais donc pas devenir choriste professionnelle. H fallait faire attention parce que je n'étais pas sûre à l'époque de devenir chanteuse professionnelle. Je ne pouvais pas abandonner mes études pour me lancer dans la musique. Il ne s'agit même pas de ne pas avoir su si je deviendrais chanteuse, en fait j'aime apprendre. Aujourd'hui encore j'aime apprendre et je n'avais pas envie d'abandonner mes études. Ïl fallait donc que je fasse la musique à côté de mes études. J'ai aussi fait de l'animation en radio, ce qui est proche de la musique en ce sens qu'on peut communiquer avec un public qui est branché sur l'antenne ; j'ai également effectué un peu d'animation à la télévision, ainsi que des chansons publicitaires. Chaque fois que j'avais l'occasion de faire quelque chose dans le domaine des arts qui ne dérangeait pas mes cours, je le faisais.

Comment la jeune Malienne de la génération rap s'est-elle à ce point imprégnée des musiques traditionnelles ? Est-ce le contexte malien qui le permet ou était-ce un appel plus personnel ?

Ce n'est pas du tout dû au contexte malien parce que les jeunes filles de mon âge n'écoutent pas beaucoup la musique traditionnelle. Au Mali c'est soit la musique actuelle des griottes, soit la musique occidentale. La fièvre Techno Dance frappe partout, en Afrique aussi. Ma connaissance des musiques traditionnelles est due, je crois, au fait que je n'ai pas entièrement grandi au Mali. Parce que quand on est hors de son pays et qu'on tient à sa culture, on finit par en être plus imprégné que ceux qui vivent au pays. Eux, ne donnent pas assez de valeur à cette culture, je crois. En fait, ils sont dedans tous les jours et il y a beaucoup de choses qu'ils prennent pour futiles, que l'on prend pour très importantes quand on est à l'étranger. Cela fait que je me retrouve finalement avec une éducation plus malienne que ceux qui ont grandi au Mali. Je me retrouve sachant comprendre et parler Bamanang mieux que ceux qui vivent au Mali. Je me retrouve connaissant les coutumes de mon ethnie mieux que mes cousines restées tout le temps au pays. Moi je posais des questions parce qu'à l'école lorsque ma maîtresse me disait une chose, sachant que je n'étais pas Française, pas Belge car à l'époque nous étions en Belgique. j'avais envie de savoir comment cela se passait chez moi. Cela fait finalement que je suis plus imprégnée de ma tradition que ceux de mon âge qui ont grandi au Mali. Ca fait que j'écoutais cette ancienne musique du Mali que les jeunes Maliens n'écoutaient pas, n'écoutant que ce que l'on apportait d'Europe. Je me souviens qu' en vacances au Mali à l'époque, j'adorais Tasédoni qui est une chanson très célèbre du Super Biton, un orchestre célèbre du Mali, qui n'était plus à la mode (c'étaient les années 1984 ), mais l'était à l'époque de mon père qui me la faisait écouter, mes copines Maliennes ne connaissaient pas ladite chanson. Ils connaissaient Thriller, tout cet album de Michael Jackson. des chansons de Disco très à la mode aussi à l'époque, mais pas beaucoup de tout ce que je connaissais. Moi j''étais gavée de tout ça. Ici en Europe, la variété ne m'intéressait pas, ce qui m'intéressait, c'était bien sûr Michael Jackson - c'est la mode, comme pour le rap, il faut bien que je vive mon temps - mais ce qui me rend vraiment dingue, qui me donne vraiment envie de chanter, c'est le Blues, le Jazz quand Louis Armstrong, Ella Fitzgerald chantent : c'est la musique classique, mais pas la variété. J'écoute même aussi la variété, ça me permet de me défouler, mais ce n'est que par mode. C'est comme ça que je me suis retrouvée à faire de la musique avec des instruments traditionnels du Mali.Je n'ai pas complètement grandi au Mali mais suis restée en contacct avec ma culture.

Quels sont ces pays dans lesquels tu as grandi ?

C'était en Belgique, en Arabie Saoudite, ensuite en Algérie et encore en Belgique. Mon père était diplomate. A un certain âge je m'énervais contre les copines qui me disaient en croyant me faire plaisir que je n'étais même pas Malienne, parce que c'est bien au Mali d'être appelé assimilé, c'est-à -dire quand on fait semblant de ne pas savoir parler Bamanang ou une autre langue malienne. Je leur répondais que je comprends le Bamanang mieux qu'elles, que je sais beaucoup de choses mieux qu'elles parce que ce qui les attire est ce qu'elles ont vu à la télévision alors que moi je l'ai vu en réalité. Je leur disais que j'avais vu ce qu'elles voyaient à la télévision, qui est très beau, à côté de ce qui n'est pas aussi beau que ça et ne passe pas du tout à la télévision. Le plus souvent dans les films ce sont les beaux endroits de New- York ou de France qu'on prend, ce sont les beaux habits qu'on montre, à côté on ne montre pas ces las de gens sans abri qui mendient dans les rues... On ne montre pas ce qui va mal dans ces pays aussi bien que chez nous en Afrique. En conséquence, on se dit que c'est le paradis, que tout ce qui vient de là-bas est bien, sans discernement aucun. Cela m'énervait tout simplement, alors qu'elles ne le faisaient même pas exprès.

Avec tout ceci, comment la sortie de ton premier album, qui est très "roots", pour utiliser un terme à la mode, a-t-elle été reçue au Mali ?

Cela n'a fait que renforcer ce discours qu'on me tient souvent : "T'es bourrrée de contradictions". Ca surprenait les gens. alors que dans ma tête il ne se passe pas du tout de contrariétés, il n'y a pas de contrainte. C'est clair dans ma tête : j'ai été à l'étranger, j'y ai vu nombre de choses, c'est bien. A moi de savoir prendre ce qui m'intéresse, d'en faire un bon usage. Je pourrais être à l'aise et flère d'avoir vu d'autres pays tout en connaissant bien ma culture, comme j'aurais pu être complexée à l'idée que n'ayant pas grandi chez moi, je ne connaissais pas ma culture, cela dépend. C'est donc à moi d'en faire bon usage.

Que crois-tu que la culture Bamanang t'a apporté de particulier ?

La culture Bamanang m'a beaucoup apporté : une personnalité. Une manière d'être, une manière de faire, une manière de penser, c'est tout ça une culture. Dans une culture comme celle des Bamanang, lout ce passe autour de la personnalité : sache te conduire, sois fière, ne fais jamais certaines choses, aie le minimun d'orgueil... C'est tout ça. Toute une manière d'être. Ma culture m'a apporté toute une manière d'être que je n'ai pas reçue en Europe. Avec un père et une mère Africains, on a beau grandir ici, la culture africaine demeure à la maison et ce n'est qu'à l'école qu'on apprend des choses sur l'étranger. Tout ce que j'ai appris me permet de comparer, de comprendre pourquoi telle chose se passe de telle façon en Europe et dans les mêmes circonstances pourquoi cela se passe autrement en Afrique. C'est mon séjour à l'étranger qui m'a offert ces éléments de comparaison, mais par ailleurs, ma manière d'être m'a été apprise par la culture Bamanang.

Que racontent tes chansons ?

Mes chansons parlent de la vie. Il y a Finini qui est ma deuxième composition. Finini signifie le petit mouchoir. "Prends le petit morceau de tissu, essuie tes larmes, car les larmes ne servent pas à grand chose". C'était à une époque à laquelle le milieu des artistes me faisait un peu peur, quand je lisais des choses que je n'aimerais pas qu'on raconte à mon propos, je me demandais si je deviendrais artiste. Et pourtant j'avais profondément envie de chanter. Je me disais que ce n'était pas la peine d'y penser, parce que je ne suis jamais allée dans une école de musique et ne suis pas griotte, que ce n'est pas parce que je passe mes journées à chanter que je me ferais une belle voix, que je chanterais dans la gamme, ne ferais pas de fausse note... Je me disais que ce serait impossible. J'en pleurais même. Je me suis finalement résolue à tenter le coup, me disant que si j'échouais, il me resterait l'audace d'avoir tenté.Voilà tout ce dont parle Finini.

Quand on accepte la réussite dans la vie, il faut savoir accepter l'échec. Je crois par exemple que je dois cette manière d'être à la culture Bamanang. Chaque chanson a son histoire. Mounaïssa, le titre de mon album, m'est venue de la dernière fois que mon père a été nommé en Belgique et devait me laisser au Mali pour mon Baccalauréat. C'est la première fois que je l'ai quitté en réalité. Il faut être seule pour apprendre à être seule. Ca me faisait tout drôle d'être si libre tout d'un coup. parce que je suis restée chez les parents de ma meilleure copine qui étaient si gentils avec moi qu'ils me passaient tout. Je pouvais sortir à ma guise, faire ce que je voulais, mais je passais mon Baccalauréat cette année là et c'était à moi d'essayer de l'avoir ou ne pas du tout l'avoir. J'étais livrée à moi-même. Ma mère ne m'avait jamais autant manqué. C'était incroyable, je n'aurais jamais cru que j'en aurais assez d'être libre à ce point. Il est plus facile de faire porter par ses parents la responsabilité de tout ce que l'on fait, et il n'est pas facile de s'assumer, surtout quand ça arrive subitement. Alors un jour, au crépuscule- le moment pendant lequel c'est d'habitude la guerre avec ma mère parce que c'est le moment de la journée pendant lequel la femme doit être à la maison chez les Bamanang- il m'a semblé que personne ne me faisait aucun reproche comme ma mère m'en faisait lorsque je sortais à ce moment là. Je me suis mise à pleurer parce que je n'aurais plus jamais personne qui me dirait quoi faire ou ne pas faire, parce qu'après le baccalauréat ce serait l'université, ensuite l'emploi ou le mariage. Quelques trente minutes après, je me suis dit qu'il était bête de pleurer car certaines gens n 'ont jamais connu ces moments, de plus je reverrais mes parents. A côté de ceux qui n'ont jamais connu leurs parents, de ceux qui ont des parents séparés, dont les parents ont trop de problèmes pour s'occuper de leur enfant, j'étais heureuse et c'était comme me moquer d'eux que de pleurer. Mounaïssa est donc cette petite fille qui est tout mon contraire, moi qui ai été élevée par mes parents. Comme pour compatir avec ceux qui n'ont pas eu cette chance, j'ai chanté Mounaïssa, petite fille imaginaire qui pleure tout le temps que ses parents soient séparés: dans la vie on ne peut pas tout avoir.

Est-ce que Rokia accepterait aujourd'hui de ne pas sortir au crépuscule ?

Sortir au crépuscule est quelque chose que j'aime vraiment. En fait, je le faisais parce qu'on me disait justement de ne pas le faire, comme pour beaucoup d'autres choses. Tout bien réfléchi, je me rends compte que tout ça ne me plaisait pas. C'était plus pour contredire mes parents.

Tu ne t'érigeais donc pas contre cet aspect de la culture Bamanang ?

Pas du tout. Ce sont des aspects de la culture Bamanang que je respecte. Des aspects comme le fait que la femme Bamanang travaille. Quand on parle d'émancipation de la femme en Afrique, je pense qu'elle existe pour cette ethnie depuis longtemps. La femme Bamanang a son jardin potager, l'homme ne fait que cultiver le mil. La femme cultive les condiments de mil dans son jardin potager, elle ramasse des noix de karité pour son beurre de karité qu'elle vendra après l'hivernage pour continuer à nourrir la famille. Elle cultive le coton qu'elle file pour confectionner des tissus. Elle a tout le temps contribué à la vie de la famille. Je respecte profondément cet aspect. C'est d'ailleurs un défaut chez quand une femme ne fait rien. En revanche il y a une chose que je ne comprends pas, c'est le fait qu'elle ne soit pas très respectée. Une femme n'a pas d'avis à donner quand elle va se marier, elle n'a pas d'avis à donner pour avoir des enfants.Dans les villages, encore de nos jours, quand on essaie de leur faire prendre des contraceptifs, elles sont obligées de les cacher parce que les hommes exigent qu'elles aient des grossesses successives. Elles sont à la limite de l'inexistence et en cela ne font pas exeption aux femmes des autres ethnies du Mali. Est-ce que tu penses que tu pourrais donner ton opinion sur de tels sujets à travers ta musique ? Parlant de cet album, je n'ai pas de chanson qui évoque ce thème-là. Je trouve que tout bien réfléchi, c'est l'éducation des parents qui apprend à une petite fille le rôle et la place de la femme. Je crois que des femmes comprendront petit à petit et refuseront d'être traitées de la sorte.

Tu ne prônes donc pas l'affrontement, mais la patience. Y crois-tu vraiment ?

II y a des choses qui, quand je les vois, m'énervent et j'en parle alors. Mais je me demande si une chanson serait suffisante pour changer cette réalité. C'est trop profond, ce n'est pas une mode mais une culture. Les femmes pourraient à la limite se sentir mal si ça devait se passer autrement, parce que en même temps c'est plus facile de ne pas avoir à décider ou à donner son avis. On a toujours la responsabilité que les parents d'abord puis l'époux endossent à notre place. On joue à la victime. Je crois qu'en quelque sorte elles se plaisent dans ce schéma de comnortement.

Tu assumes donc les limites de la parole, de la chanson...

Oui. elle a des limites, je le crois. Il faut réfléchir. Les chansons servent parfois, sensibilisent. De là à chanter pour rien que ça... On pourrait faire des chansons pour sensibiliser les femmes dans le cadre de campagnes. Chanter seulement ne sert à rien en revanche, c'est beaucoup plus profond que ça. C'est très grave quand j'; nenseoarce due c'est triste c'est l'esclavage sous une " Dans les villages, encore de nos jours, quand on essaie de leur faire prendre des contraceptifs elles sont obligées de les cacher parce que les hommes exigent qu'elles aient des grossesses successives " autre forme. Je comprends la polygamie si les hommes 1e et les femmes l'acceptent. Qu'on vienne annoncer à une femme que sa petite soeur (NDLR : co-épouse) arrive une semaine avant, je ne le comprends pas. La femme n'est pa tout respectée. Bile aura beau pleurer, personne ne daigne l'écouler, la nouvelle femme arrivera. Ce n'est pas différé du divorce mais au moins le divorce laisse un choix : rester ou divorcer. Chez les Bamanang la femme n'a pas de choi donner quand son époux désire se marier à nouveau. On ne sait jamais ce qui pourrait arriver mais je me vois ti mal en polygamie. Alors là il aura chaud. Il y a des femrni maliennes qui organisent des campagnes. Elles sont très p écoutées parce que divorcées ou jamais mariées. Dans une chanson il faudrait savoir comment bien se faire compreni parce que beaucoup de femmes éduquées dans ce sens crc que c'est normal. Elles croient que c'est le destin et qu'il accepter pour ses enfants. Elles exigent ensuite de leur premier fils tout ce qu'elles n'ont pas obtenu de l'époux. revanche la mère est très respectée.

Pourquoi fais-tu de ta musique ?

D'abord parce que j'ai un plaisir immense à chanter. Je nej mène aucun combat, mais il y a tant de choses que j'aimel tellement dire à travers mes chansons. Il y a beaucoup de choses autour de nous qui ne sont pas gaies parce que noi: ne sommes plus du tout sages. Nous ne sommes pÎus humbles, nous avons oublié une chose qui est que nous sommes de passage sur terre et qu'on s'en ira tous un joui Qu'il s'agisse de polygamie, d'excision, des guerres tribal ou des conflits entre pays. il s'agit au fond de plus en plu5 manque de sagesse, de plus en plus d'orgueil, de malhonnêteté. Voilà le sens dans lequel je chante. A chaqi fois que quelque chose me touche, j'en fais une chansoi ne mène pas de combat précis pour une cause précise.

Que penses-tu quand tu entends parler de ces Maliens de Kayes en France ?

C'est triste et compliqué. Il n'y a pas de sentiment dans la délivrance des visas. Il faut voir dans les consulats en Aft comment sont ces dames et ces messieurs qui accueillent. dirait des robots en face de soi : on pleurerait, on sejettel par terre qu'ils s'en ficheraient. Qui parle donc de visa oi carte de séjour ne parle plus du Mali. D'un autre côté le autorités françaises ont aussi leurs causes. C'est très compliqué et triste.

Ali Farka Touré est quelqu'un de très important pour toi...

Ali Farka Touré est très important parce qu'il m'a apporté beaucoup de choses. L'assurance en moi par exemple. C' lui qui m'a dit que lui aussi n'a pas eu de professeur de guitare, qu'il avait appris tout seul. Il m'a dit de ne pas a' de complexes pour avoir appris toute seule. Il m'a dernan de jouer comme je le sens pour un départ. C'est aussi lui a fait la direction artistique des C.D. en studio. C'était mi premier séjour en studio. Il est resté pendant toutes les de semaines et m'a beaucoup apporté.

Recueillis par Bessomo en juin 1998.    Photos : Carlo Spalieviero // Franck Socha

Mouneissa Indigo

Thème Magazine -  Hébergé par Overblog