Plantu

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Plantu, mars 2002

Plantu, mars 2002

Politique

J’ai quatre enfants, et si l’un d’entre eux venait un jour me dire qu’il a envie de faire de la politique, je le pousserai à fond. Je trouve que c’est un métier formidable même si c’est assez dur. Le comportement d’aucun homme politique ne réussira à me détourner de la noblesse de ce métier, s’occuper des autres. Je trouve que faire de la politique c’est donner de sa vie pour les autres, comme tous ceux qui s’occupent d’associations. L’on donne trop souvent une image caricaturale de la vie politique, mais il faut savoir que plus 85% des hommes politiques sont des gens honnêtes, l’on ne va pas les blâmer parce que 10 à 15% pour cent d’entre eux sont malhonnêtes, on ne qualifie pas une classe de terminal qui a une réussite de 75% au bac de nulle.

Gauche

C'est un mot qu'il faudrait soumettre aux gens du Parti Socialiste, je ne crois même pas qu'ils en ont la réponse. Depuis quelques années, ils rament pour essayer de savoir s'ils sont vraiment de gauche. Je me demande si Jacques Chirac n'est pas plus de Gauche que Lionel Jospin.

Election

A la différence du dessinateur, c'est un moment où les gens peuvent s'exprimer. J'ai la chance de ne pas attendre des élections pour m'exprimer, je peux donner mon opinion à travers mes dessins tous les jours dans le monde et une fois par semaine dans " L'Express ". Je considère que je vote pratiquement tous les jours.

Humour

C'est ce que j'essaye de pratiquer tous les jours. Lorsque Lionel Jospin a parlé du cannabis, et que Martine Aubry a laissé entendre qu'elle était pour la dépénalisation, j'ai proposé un dessin à ce sujet à ma rédactrice en chef. Sur ce dessin l'on pouvait voir Martine Aubry avec un dossier portant le titre de dépénalisation et où elle était en train de fumer un joint… J'aime bien faire de tels dessins pour décoincer un peu l'atmosphère au journal " Le monde ", mais ce genre de dessin ne passe pas toujours bien.

Mondialisation

J'ai été invité par le forum économique à New York pour faire une exposition. J'étais bien content et fier de savoir que j'étais à New York et que les mêmes dessins qui dénonçaient la mondialisation étaient aussi exposés à Porto Alegre. Je me sens très journaliste lorsque je vois qu'il y a plein de choses à en tirer. J'aime par exemple certaines idées de José Bové, je reconnais qu'il m'énerve parfois, et j'apprécie d'avoir cette liberté de ton de pouvoir, à la fois faire des dessins qui accompagnent les idées de Bové ou de l'association Attack dont je respecte le combat, sachant qu'il y a des moments où je ne suis pas du tout d'accord avec eux. J'aime bien sortir un peu d'un sentiment préconçu que l'on pourrait se faire du dessinateur qui, du fait qu'il se ballade avec une image de tiers-mondistes (que je revendique d'ailleurs), sera forcément d'accord avec Attack et José Bové, alors que j'adore aussi faire des dessins qui ne sont pas forcément en adéquation avec l'éditorial qui est juste à côté.

Recueillis par Narcisse Adja Kaymon (2002)

Le Troisième Homme illustré

 

 

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