Christophe André : s'aimer pour mieux vivre avec les autres

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Christophe André  : s'aimer pour mieux vivre avec les autres

Dépendance

Je crois que toute forme de dépendance est liée très certainement à des problèmes d'estime de soi. Elles pensent que toutes seules, isolées, elles ne peuvent pas survivre, elles pensent ne pas être capables d'affronter leur existence correctement. Elles croient ne pas avoir la valeur pour exister de manière autonome.

Plaisir

Il y des gens doués pour le plaisir, ce sont des jouisseurs mais qui n'ont pas une bonne image d'elles-mêmes. Ce sont des gens dont le plaisir peut être limité par le sentiment de ne pas être féconds. La recherche du plaisir n'est pas toujours la meilleure des voies possible pour l'estime de soi. Le plaisir a certainement quelque chose à voir avec le bonheur, mais au fond il y a des gens qui se font assez peu plaisir tout en ayant une bonne estime d'eux-mêmes.

Narcisse

Le mythe de Narcisse a trait à l'estime de soi. Dans notre langage quotidien, la narcissisme est considéré comme quelque chose de péjoratif, c'est finalement trop se regarder, trop s'aimer. C’est le mythe du jeune homme tellement beau qui est tombé amoureux de son image au point de prendre racine dans une fleur à sa mort. Et pourtant une dose minimum de narcissisme est nécessaire. Le fantasme de l'humilité absolue qui nous pousserait à nous aimer, ou arriver à nous mépriser, ou n'avoir aucun souci pour soi-même et son image n'est pas viable dans une vie en société dite normale, parce que compétitive.

Dignité

Les sujets à basse estime de soi sont souvent des personnes très influençables, très manipulables. Ils sont en danger de perte de leur dignité parce qu'elles vont risquer de trop suivre l'influence des autres. Il y a beaucoup d'expériences qui montrent qu'il est relativement facile de manipuler autrui, de pousser les gens à avoir des comportements sadiques. Hélas, l'on s'aperçoit qu'il faut être quelqu'un de très fort pour résister à toutes les tentatives de manipulation et garder sa pleine et entière dignité d'être humain. Cela est beaucoup plus difficile qu'on ne le croit. On pense être quelqu'un de digne et respectable tant que l'on est pas secoué. C’est dans l'épreuve que l'on peut être emmener à être quelqu'un d'indigne.

Echec

C'est le grand problème des gens qui n'ont pas confiance en eux. La peur obsédante de l'échec explique ce que l'on appelle la procrastination qui est, pour les psychologues et les psychiatres, la tendance à toujours repousser à plus tard ce que l'on a à faire parce que l'on a peur de mal les faire. Ce qui explique que beaucoup de personnes ont du mal à agir et à prendre des risques. ce n'est pas qu'elles soient plus presseuses, moins créatives, moins intelligentes que d'autres, c'est parce qu'elles ont un sentiment que l'échec est une catastrophe. Au fond, ce qui caractérise les gens entreprenants c'est qu'ils ont intégré l'échec comme faisant partie de l'action, et que lorsque l'on menait à terme dix actions, il y avait trois échecs dans le lot, mais sept réussites. Les gens qui agissent peu sont des personnes qui ont une telle peur de l'échec qu'ils préfèrent ne rien faire plutôt que de tenter d'agir. Ils se protègent en faisant cela mais ils s'emprisonnent car l'on apprend rien de l'évitement, de la non-action.

Critique

La réaction à la critique est un bon thermomètre pour votre estime de soi. Les personnes très intolérantes aux critiques, ceux qui se mettent à vous agresser lorsque vous les critiquer, ou à accuser tout le monde d'un échec ou quoi que ce soit, sont des personnes avec une haute estime d'elles-mêmes mais fragiles, instables, très vite menacées. La façon idéale de recevoir une critique c'est d'être capable de la prendre comme une information utile. Si vous acceptez la critique c'est que vous avez une estime de soi qui fonctionne très bien. Par contre si vous récusez la critique ou si vous pensez que l'autre a toujours raison, c'est que vous avez une basse estime de vous.

Succès

La réaction au succès est un assez bon test de votre niveau d'estime de vous-même. Quelqu'un qui a une bonne estime de lui-même va accepter les succès sans se griser ou s'en vanter. Quelqu'un qui a une estime de lui-même trop haute et instable, avec un côté un peu ombrageux et susceptible. Il va trop claironner son succès, mais la personne à basse estime de soi va être angoisser par le succès parce qu'il aura le syndrome de l'imposteur, il aura le sentiment soit que ce succès n'est pas mérité, et que cela se saura bientôt, soit que ce succès n'est pas assez fort pour le préserver et le faire durer. Il sera donc suivit d'une dégringolade terrible. On n’est pas à l'aise avec le succès quand on a une mauvaise estime de soi.

Orgueil

Les grecs avaient un mot pour désigner l'orgueil démesuré, lubrysse, le fait de se croire à l'égal de Dieu. Cela conduisait à la catastrophe pour tous les héros qui ont été frappés par ce sentiment. Où est la limite entre le fait de pouvoir s'admirer, de pouvoir être fier de soi qui est quelque chose de normal et l'orgueil ?

A partir de quand la fierté se transforme en orgueil, c'est à dire quelque chose d'un peu aveugle, excessif qui va finalement voiler la réalité, faire que l'on ne va plus tenir compte de l'environnement, des avis des autres. La lucidité sur ses défauts et la tolérance protège de l'orgueil. Il ne faut pas transformer un défaut en complexe ou en obsession, cela est valable pour les qualités, il faut s'en réjouir, mais ne pas penser que l'on est le maître du monde.  

Recueillis par N. Adja Kaymon (2001)

L'Estime de soi : S'aimer pour mieux vivre avec les autres

 

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