Elsa Wolinski: Bouli­mique depuis le 7 janvier 2015

Elsa, Georges et Maryse Wolinski
Elsa, Georges et Maryse Wolinski
Elsa, Georges et Maryse Wolinski

Elsa, Georges et Maryse Wolinski

Cela fait deux ans ce samedi 7 janvier qu'ont eu lieu les atten­tats de Char­lie Hebdo, de Montrouge, et de l'Hyper­ca­sher, tuant une partie de la rédac­tion du célèbre jour­nal sati­rique. Deux ans après le drame, certains proches des victimes, dont Elsa Wolinski, la fille du dessi­na­teur George Wolinski, peinent à se remettre de ces dispa­ri­tions.

Aujourd'hui samedi 7 janvier 2017, la France commé­more la mémoire des victimes des atten­tats de Char­lie Hebdo, de Montrouge et de l'Hyper­ca­sher, surve­nus il y a deux ans, le 7 janvier 2015. Dans ce drame, certains des dessi­na­teurs de presse les plus recon­nus de la profes­sion, tels Cabu, Tignous et Charb, mais aussi l'écono­miste Bernard Maris ont disparu. Georges Wolinski, le dessi­na­teur « coquin », faisait partie des victimes, plon­geant la vie de sa fille Elsa dans la tris­tesse et la mélan­cho­lie.

Lors des funé­railles, et dans les premiers temps, la femme âgée désor­mais de 43 ans, parlait de son père disparu avec des mots tendres. Elle avait du respect pour son oeuvre, et esti­mait que si son père était mort ce jour-là sous les balles des terro­ristes, son oeuvre était toujours vivante. Comme elle, ils sont nombreux à avoir pris du temps pour se remettre de cette tragé­die. Les témoins directs de la fusillade, les dessi­na­teurs Riss et Luz ont repris la plume pour « conti­nuer le combat » de leurs pairs. D'autres ont témoi­gné pour reprendre le cours de leurs vies. C'est le cas de l'urgen­tiste Patrick Pelloux, très marqué par l'évène­ment.

Mais Elsa Wolinski souf­frait déjà d'un mal qui la rongeait, et cette tragé­die a relancé sa mala­die, la bouli­mie, de plus belle. En novembre dernier, elle l'expliquait sur Insta­gram. Avec une photo d'elle, elle expliquait la « bataille" qu'elle livre désor­mais, et »l'équi­libre précaire"dans lequel elle se trouve depuis main­te­nant deux ans.

« Je parle de mon poids sur les réseaux sociaux, ça en énerve certains, d'autres ne comprennent pas pourquoi et puis ceux qui se recon­naissent m'envoie des petits mots. C'est diffi­cile d'avoir un équi­libre précaire, la moindre émotion, la plus petite sensa­tion provoque un séisme inté­rieur et boum le gouffre appa­raît. Il m'arrive de me chan­ger en monstre, c'est comme ça que je me vois. J'ingur­gite tout ce qui passe – choco­lat et gâteaux parti­cu­liè­re­ment – il y a long­temps, j'ai remplacé la drogue par les médi­ca­ments et les médocs par la nour­ri­ture. La bataille contre le sucre et la bouli­mie est la plus diffi­cile. »

Cela fait des années que ce mal est en elle, mais la dispa­ri­tion de son père a marqué un retour fracas­sant de sa mala­die. Il y a deux mois, elle se faisait même fata­liste, évoquant sa propre mort.

"Je me vois gros­sir depuis l'atten­tat, je ne fais que gonfler. Je vais peut-être m'envo­ler, comme ça j'irais écou­ter Leonard Cohen chan­ter avec David Bowie. C'est diffi­cile de ne pas s'aimer, de ne pas aimer son enve­loppe corpo­relle. Le sucre est la pire drogue que je connaisse. Jusqu'a main­te­nant, ni les nutri­tion­nistes ni l'hypnose ni personne n'a réussi à m'aider. Cette guerre elle est entre moi et moi, et c'est hard­core."

 

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