Robert Schuman, père de l'Union Européenne...

Robert Schuman, père de l'Union Européenne...
Robert Schuman, père de l'Union Européenne...

Chaque année, le 9 mai, la Journée de l’Europe célèbre la paix et l'unité en Europe. Il s'agit de la date anniversaire de la «déclaration Schuman». Ce jour-là, en 1950, Robert Schuman, alors ministre français des affaires étrangères, propose dans un discours historique prononcé à Paris une nouvelle forme de coopération politique pour l'Europe, qui rendrait impensable toute guerre entre les nations du continent.

ROBERT SCHUMAN

Jean-Baptiste Nicolas Robert Schuman, né le 29 juin 1886 à Luxembourg et mort le 4 septembre 1963 à Scy-Chazelles (Moselle), est un homme d'État français. Ministre sous la Troisième et la Quatrième République, notamment des Affaires étrangères, puis président du Conseil des ministres à deux reprises, Schuman exerça par ailleurs les fonctions de président du Parlement européen.

Il est considéré comme l'un des pères fondateurs de la construction européenne avec Jean Monnet.

Enfance

Le père de Robert Schuman, Jean-Pierre Schuman (1837-1900), est né français de langue luxembourgeoise à Évrange, village lorrain à la frontière franco-luxembourgeoise. En 1871, après l'annexion d'une partie de la Lorraine par l'Allemagne, il devient allemand. La mère de Robert Schuman, Eugénie Duren (1864-1911), une Luxembourgeoise née à Bettembourg, acquiert la nationalité allemande lors de son mariage avec Jean-Pierre Schuman. Bien qu'il soit né à Clausen, un faubourg de la ville de Luxembourg (où sa maison natale existe toujours, à moins de 300 mètres du bâtiment du secrétariat général du Parlement européen qui porte son nom), Robert Schuman est allemand de naissance.

Le jeune Robert Schuman fréquente l'école primaire et secondaire (l'Athénée) dans la capitale du Grand-Duché, où il apprend notamment le français (sa première langue étant le luxembourgeois, sa deuxième l'allemand standard). Puisque le diplôme luxembourgeois n'est pas reconnu en Allemagne, il passe, en 1904, son Abitur (baccalauréat) au lycée Impérial de Metz, alors ville allemande. Ayant fait ses études supérieures de droit en Allemagne à Bonn, Berlin, Munich et Strasbourg, il ouvre un cabinet d'avocat à Metz en juin 1912. Parallèlement à ses études il s'investit à la Conférence Olivaint dont il demeure un fidèle compagnon de route.

Guerres mondiales

En 1913, il préside la partie francophone du grand rassemblement laïc catholique, le Katholikentag, tenu à Metz.

Un an plus tard, la Première Guerre mondiale éclate. Bien que réformé en 1908 pour raisons médicales, il est incorporé comme simple soldat en 1914 et affecté en 1915 à l'administration territoriale (Kreis) à Boulay (Moselle).

En novembre 1918, l'Alsace et la Lorraine redeviennent françaises et Robert Schuman devient membre de la commission municipale de Metz.Devenu citoyen français par le traité de Versailles, candidat de l'Union républicaine lorraine, il entre en 1919 au Parlement comme député de la Moselle. Il le restera jusqu'en 1940.Il est membre de la Commission de législation civile et criminelle de 1919 à 1929 et de 1939 à 1940, de la Commission d’Alsace-Lorraine de 1919 à 1940, secrétaire de cette commission de 1920 à 1927, vice-président de 1927 à 1929, président de 1929 à 1936. Lors des débats à l'Assemblée sur l'abolition du droit local en 1923, il milite pour le maintien du Concordat. À partir de 1936, il siège au conseil général de la Moselle pour le canton de Cattenom.

En 1938, la crainte d'une nouvelle guerre « fratricide » lui fait accueillir positivement les Accords de Munich, mais la Seconde Guerre mondiale éclate en 1939. En mars 1940, Robert Schuman est nommé sous-secrétaire d'État pour les Réfugiés dans le gouvernement Reynaud. Après l'offensive allemande du 10 mai 1940, Robert Schuman estime dès le 12 juin qu'il « faut mettre bas les armes ». Le 16 juin 1940, il est confirmé à son poste de sous-secrétaire d'État et fait ainsi partie du premier gouvernement Pétain. Le 10 juillet 1940, il vote pour les « pleins pouvoirs » au maréchal Pétain.

La Moselle est annexée de fait par le Reich nazi quelques jours plus tard, intégrée au Gau Westmark — dont le chef-lieu est Sarrebruck —, et Robert Schuman, réfugié sur ses terres lorraines, est arrêté par la Gestapo et mis au secret dans la prison de Metz, avant d'être transféré à Neustadt (actuelle Rhénanie-Palatinat) le 13 avril 1941, grâce à un allègement des conditions de détention obtenu par Heinrich Welsch.Durant son assignation en résidence surveillée, il s'entretient avec ses visiteurs en luxembourgeois, de façon à ce qu’on ne puisse pas suivre ses conversations.

Âgé de cinquante-six ans, il s'évade et réussit à rejoindre la zone libre dans la Vienne le 13 août 1942, en franchissant la ligne de démarcation à Vernon après avoir passé dix jours à l'abbaye de Ligugé. Il passe également par la Trappe de Notre-Dame-des-Neiges, en Ardèche.À la Libération, le ministre de la Guerre, André Diethelm, exige que « soit vidé sur-le-champ ce produit de Vichy » en parlant de Schuman6. Cette qualification vient de son vote du 10 juillet 1940 et comme « ex-ministre de Pétain6 ». Son vote des pleins pouvoirs à Pétain le met sous le coup de l'inéligibilité automatiqu prévue par l'ordonnance du 21 avril 1944 et, comme ancien ministre de Pétain, il est frappé « d’indignité nationale »6. Devant la volonté de reprendre des responsabilités politiques, il finit par écrire au général de Gaulle, le 24 juillet 1945, pour lui demander de revenir sur cette décision6. Des alliés de Schuman interviennent auprès du chef du gouvernement provisoire pour appuyer cette demande. Charles de Gaulle décide que l'affaire soit classée6. La commission de la Haute Cour prononce un non-lieu en sa faveur, le 15 septembre 1945, et Robert Schuman reprend sa carrière dans la politique française.

IVe République

Sous la IVe République, il retrouve son siège de député de la Moselle de 1946 à 1962.Il est Ministre des finances en 1947, puis devient président du Conseil des ministres fin 1947 (MRP), puis ministre des Affaires étrangères (1948-1952)9, il est un des grands négociateurs de tous les traités majeurs de cette période marquée par le début de la Guerre froide en Europe et la nécessité d'organiser l'Europe de l'Ouest sur les plans politique, économique et militaire avec l'aide des États-Unis (Conseil de l'Europe, pacte de l'Atlantique nord, CECA, etc.).

Le temps de la construction européenne. Son ami Jean Monnet lui fait part de l'urgente nécessité pour la France de se faire un allié de l'Allemagne et rédige un projet destiné à initier une fédération européenne. Robert Schuman concrétise l’initiative en proposant par sa déclaration du 9 mai 1950, de placer la production franco-allemande du charbon et d’acier sous une Haute Autorité commune, dans une organisation ouverte à la participation des autres pays d’Europe. Le plan Schuman entraîne la création de la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA) qui est à l'origine de l'actuelle Union européenne, soutenu par l’American Committee on United Europe jusqu’en 1960, trois ans après le traité de Rome.

C'est en ce 9 mai, que tous les ans le « Jour de l'Europe » commémore ce qui constitue, selon Jacques Delors, le geste le plus important de ces dernières décennies. En 1953, chargé du dossier marocain (le Maroc, comme protectorat, dépendait des Affaires étrangères), il tente de s'opposer à la déposition de Mohammed V, ce qui lui vaut d'être évincé du gouvernement. Il est président du Mouvement européen de 1955 à 1961 et il est, de 1958 à 1960, le premier président du Parlement européen, lequel lui décerne, à la fin de son mandat, le titre de « Père de l'Europe ». En 1958, il est lauréat du Prix International Charlemagne.

Robert Schuman se retire de la politique en 1962, et retrouve sa maison de Scy-Chazelles. Pendant les derniers mois de sa vie, il s'intéresse à l'actualité politique et européenne même s'il prend la décision de ne pas intervenir publiquement .Schuman s'éteint à soixante-dix-sept ans le 4 septembre 1963 à son domicile de Scy-Chazelles près de Metz.

Après des obsèques en la cathédrale Saint-Étienne de Metz, son corps est inhumé au cimetière communal de Scy-Chazelles. Le Préfet n'invite pas Jean Monnet au repas de commodité non officiel qui suit les obsèques de Robert Schuman. En signe de protestation, des personnalités centristes restent avec Monnet, manifestant une opposition au gouvernement qui n'est pas nouvelle puisque la moitié des parlementaires s'est abstenue de voter pour le gouvernement de Pompidou en 1962, et qu'ensuite cinq ministres MRP ont démissionné de ce gouvernement.

Postérité

En 1966, sa dépouille est transférée dans la petite église fortifiée Saint-Quentin, en face de sa maison devenue la Maison de Robert Schuman, qui appartient aujourd'hui au conseil départemental de la Moselle.Le Parlement européen décerne à sa mémoire un Prix Robert Schuman pour l'Europe, l'Université de Bonn, où il a été étudiant en droit, décerne à sa mémoire une médaille et un Prix Robert Schuman, la Fondation Robert-Schuman à Bruxelles décerne un prix à son nom et organise des colloques européens et internationaux, la Fondation Alfred-Toepfer décerne aussi chaque année un Prix Robert Schuman pour l'Unité Européenne, les villes de Luxembourg, Trèves, Metz et Sarrebruck ont instauré en 1991 le plus important prix d'art de la Grande Région, le Prix d'art Robert Schuman.À Bruxelles, le rond-point séparant le Berlaymont du Justus Lipsius porte son nom et par extension, la gare et la station de métro en dessous ainsi que le tunnel ferroviaire.

Robert Schuman : Du Lorrain des frontières au père de l'Europe   François Roth, Fayard

L'Europe de Robert Schuman  Grégoire Eldin  PU Paris Sorbonne

Déclaration Schuman

Robert Schuman, père de l'Union Européenne...
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